LaScam invite cinq auteurs ou autrices à participer à l’IDFAcademy. Candidatures ouvertes jusqu’au 1er août 2026.

La formation, les candidatures et l’ensemble des échanges sur place se déroulant exclusivement en anglais, un niveau courant et fluide est indispensable. Le texte ci-dessous est donc rédigé en anglais.

 

Taking place from November 12 to 15, 2026, in Amsterdam during IDFA, IDFAcademy is an intensive training program for emerging documentary filmmakers and producers, connecting them to a broad spectrum of highly esteemed documentary professionals willing to share their knowledge.

 

Program

Open to 100 people, the four-day program includes sessions such as Filmmaker Talks, Round table discussions, smaller sessions, and case studies, helping participants develop a broad view of the international documentary market and current trends.

> See the program

 

Participants & Eligibility

LaScam invites* 5 authors working on their first or second feature film, who have proven their talent nationally and wish to develop their career internationally. Experienced filmmakers are not eligible.

Eligibility is restricted to recipients of one of the following: Brouillon d’un rêve grant, Étoiles de LaScam, LaScam Prize, Albert Londres Prize or Film Ton Quartier shortlisted.

Attention will be focused on motivation and learning objectives. Tell us which elements of the program you expect to benefit from, what topics interest you, and what kinds of professionals you’d like to learn from.

Please pay attention: while the program is not project-driven, participants must have a project in development during the four days. Only one author per project can apply. Having a producer is not required.

* The costs for organization are covered by LaScam and IDFA

 

LaScam Bonus

Selected participants will attend a preparatory workshop with Claire DixsautThe art of the pitch in English — held in October, before IDFA. The workshop covers pitch methodology and includes a practice session.

If selected, you will also be asked to submit a complete project file in English in October. Prepare it in advance.

 

Agenda

By applying, applicants must commit to being available on the dates listed below.

Steps Dates
Jury selection (in collaboration with IDFA) End of September
Workshop — Pitch methodology (4h, online) Wednesday, October 7th
Workshop — Pitch practice session (4h, Paris) Tuesday, October 14th
IDFAcademy 2026 — Amsterdam November 12–15

 

Application process

Please use this form to apply before August 1st, 2026, at 10am.

Find the elements required for the application below.

The following information must be included when filling in the form:

  • Short professional profile – maximum 1600 characters including spaces
  • Full Filmography as documentary filmmaker
    • Vimeo Link to a previous film (if any)
  • Motivation – maximum 2600 characters including spaces
  • Learning objectives – maximum 1600 characters including spaces
  • Vimeo link to a video about your contribution to the group (max. 2 minutes, in English)
  • Title, description, and stage of a current project (2000 characters)
    • Project-related viewing link (rush, teaser, etc. ; optionalmax. 15 minutes, subtitled in English)

Contact

Lise Roure – idfacademy@lascam.fr – 01 56 69 58 40

En région Normandie, 12e volet de la série Territoires et Création, les auteurs et les autrices de documentaire mettent en avant la qualité de leur relation avec l’agence régionale Normandie Images. La collectivité compte également parmi les rares à avoir sanctuarisé le montant de son fond d’aides, avec une enveloppe dédiée au documentaire toutefois en léger recul sur les trois dernières années.

La Région Normandie et le documentaire audiovisuel

En 2025, la Région Normandie a consacré 2 865 000 euros à la création audiovisuelle et cinématographique, dans 101 projets. Le documentaire audiovisuel représente 17 % de l’enveloppe (501 000 euros, au 12e rang national) et 37 % des aides (37). L’étape de la production concentre près de 46% du nombre d’aides et 80% de l’enveloppe, quand l’écriture représente 54% en volume et 20% du financement. Le fonds de soutien ne dispose plus d’aide au développement  de projets documentaire en revanche, supprimée en 2020.

2 865 000 €

aide à la création

« La Normandie est dans une dynamique d’attractivité des auteurs.ices / réalisateur.ices. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à̀ s’y installer. Ils viennent chercher un cadre et une qualité́ de vie, tout en continuant à̀ mener leur carrière comme ils l’entendent, notamment grâce à̀ la proximité́ avec Paris. » Ce constat est l’une des conclusions de la consultation menée en 2025 par l’association des auteurs-autrices et réalisateurs, réalisatrices en Normandie (Arno). Cette initiative, qui fait suite à des travaux similaires engagés par LaScam, entre autres, est aussi venue confirmer la prédominance du documentaire (75 %) dans les œuvres réalisées, devant la fiction (57 %), à l’instar de ce qu’on l’observe dans les autres régions. Pour autant, « il n’existe pas de cantonnement de genre », près de la moitié des 105 répondants ayant indiqué « exercer dans plusieurs », soulignent les conclusions.

« Nous avons lancé cette enquête parce que nous manquions cruellement de données concrètes sur qui nous étions », expose l’Arno qui réunit une trentaine d’adhérents. « Ce n’est pas un problème propre à la Normandie, mais qui vaut pour les auteurs en général dans notre pays », expliquent aussi les représentants des auteurs et des autrices de documentaire de l’association. L’enjeu était de dresser un état des lieux afin, en particulier, de recenser le nombre de professionnels présents sur le territoire, savoir où ils se trouvent dans ses cinq départements (Calvados, Manche, Eure, Orne, Seine-Maritime), quelles œuvres réalisent-ils. « On avait besoin de savoir où et comment on se positionnait », poursuit l’Arno. Pour les auteurs et les autrices, avoir une connaissance fine et documentée de leurs activités ainsi que des dynamiques territoriales en cours, doit également leur permettre de mieux encore défendre leurs intérêts auprès des institutions et des différentes instances partie prenantes de la filière locale.

Le rapport aux auteurs est plutôt bon en Normandie et leur accompagnement relativement complet comparé à d’autres régions.

Les auteurices de l’Arno

Un territoire dynamique

La Normandie est une jeune région, dans sa forme actuelle, née de la fusion de la Basse et de la Haute Normandie lors de la réforme territoriale de 2015. C’est à la suite de celle-ci qu’ont été créées la plupart des organisations professionnelles du territoire, dont l’Arno. La filière s’est bâtie à la fois sur un héritage amorcé dès les années 80, à travers une politique souvent pionnière en matière de création audiovisuelle et cinématographique, et le mouvement enclenché à la réunification des deux Normandie. « La fusion a dynamisé le territoire, en passant de deux petites régions à une seule qui s’est mécaniquement agrandie. Elle a créé une émulation et une structuration des professionnels, en particulier chez les auteurs et les producteurs », relève l’agence Normandie Images. Elle-même est issue de la fusion entre le Pôle Image Haute-Normandie et la Maison de l’Image Basse-Normandie. L’agence accompagne le développement du cinéma et de l’audiovisuel sur le territoire. Elle a, parmi ses multiples missions, celle de gérer et de mettre en œuvre le fonds d’aide à la création de la région.

La Normandie fait partie des régions qui ont connu une « réunification heureuse et elle dispose aujourd’hui d’une filière très dynamique », constate Normandie Films, l’association regroupant les producteurs et productrices de cinéma et d’audiovisuel établis sur le territoire, qui dénombre « une vingtaine de sociétés adhérentes » réparties sur les cinq départements. Le documentaire audiovisuel est là encore majoritaire au sein des membres. Selon les données du bilan 2025 de Normandie Images, 19 des 44 sociétés de production recensées dans la région produisent exclusivement du documentaire, soit 43%. Neuf autres produisent à la fois des œuvres de fiction et de documentaire, ce qui portent à 28 le nombre de structures engagées dans le genre (près de 64%). Deux autres associations de professionnels complètent la représentation de la filière aux côtés de l’Arno et de Normandie Films : Normandie Animation, le réseau régional des professionnels de la création animée, ainsi que l’Association des techniciens et techniciennes normands de l’audiovisuel et du cinéma (Atnac).

Le territoire reste une petite région en superficie, avec près de 30 000 km2, et d’un point de vue de son fonds de soutien, au 12e rang national avec un montant global de 2,865 millions d’euros en 2025 (cf.encadré chiffres). Il se caractérise en outre par sa grande proximité avec Paris, où il est parfois plus facile de travailler, selon où on vit sur le territoire, pointe l’Arno. Globalement, « le rapport aux auteurs est plutôt bon en Normandie » et leur « accompagnement relativement complet comparé à d’autres régions », décrit l’association. « On a des aides pour écrire des projets, pour les réaliser, des aides au déplacement en festivals et sur les marchés, des ateliers d’écriture documentaire, des résidences d’écriture », dispensées par le Centre des écritures cinématographiques (CÉCI), au Moulin d’Andé, ou encore par les Filmeurs, dans l’Eure, et soutenues par la Région. Le soutien passe aussi par « des rencontres organisées par Normandie Images entre les auteurs et les autrices de la Région, des tables rondes, souvent lors de festivals », ou encore des séances de pitchs. La liste n’est pas exhaustive.

  • 37 aides

    à la création
    en 2025 pour le documentaire

  • 101 K€

    pour l'écriture

  • 400 K€

    au stade de la production

Le soutien de la Région à la filière documentaire

La création de l’Arno a été déterminante s’agissant de la place faite aux auteurs et aux autrices dans l’écosystème, en premier lieu au sein de Normandie Images, avec qui l’association entretient de « bonnes relations » et « travaille en bonne intelligence », explique-t-elle. Aujourd’hui, trois des membres de l’Arno siègent au conseil d’administration de l’agence, au même titre que d’autres professionnels. « Cette représentation a permis, après la suppression par Normandie Images en 2020 de l’aide au développement pour le fonds documentaire, d’être plus entendus sur certains dossiers relatifs au fonds de soutien régional », appuient les auteurs. La création en 2024 d’une aide au parcours d’auteur illustre ce point. La mise en place de ce dispositif très prisé, et loin d’exister dans tous les fonds régionaux, résulte « d’échanges nourris et de réunions régulières spécifiquement dédiés à ce dossier entre l’Arno et Normandie Images ». C’est « un travail sur du long terme qui a permis la concrétisation de ce projet commun initié par l’association des auteurs normands, en s’inspirant d’autres collectivités à partir d’échanges au sein de la Boucle Documentaire, rappelle l’Arno.

Trois bourses par an, de 10 000 euros chacune, sont attribuées dans le cadre de l’aide au parcours d’auteur. Les lauréats peuvent bénéficier d’un programme d’accompagnement individualisé, sur un ou deux ans, selon les projets, pour leur travail de recherche et d’expérimentation destiné à une ou plusieurs œuvres en conception ou en tout début d’écriture. Dans sa troisième année en 2026, le dispositif « est encore en construction », précise l’Arno. A ce stade, le bilan est toutefois « très positif », avec « 27 dossiers dès la première année, ce qui était beaucoup pour la région ». Sa mise en place « est une façon de reconnaître le travail de l’auteur dans toutes ses spécificités, mais aussi la possibilité de pouvoir changer de cap à un moment donné, et d’être fortement soutenu pour ça », estime l’association.

Le fonds de la région propose par ailleurs une aide à l’écriture documentaire (unitaire et série) directe, c’est à dire attribuée aux auteurs, plafonnée à 5 000 euros, et une aide à l’écriture versée aux sociétés de production, pour un montant plafonné de 7 000 euros. La suppression de l’aide au développement documentaire, qui était perçue par les producteurs mais dont bénéficiaient indirectement les auteurs, est « l’une des batailles perdues », relèvent néanmoins certains auteurs. Etre soutenu à cette étape où ils se trouvent par exemple en repérages est « précieux ». A noter que le fonds de soutien régional actuel propose deux aides au développement de projets, pour ceux d’animation et à l’international, ouverte aux œuvres cinématographiques et audiovisuelles d’animation, de documentaire et de fiction.

Du côté des producteurs, l’aide structurelle aux sociétés de production s’avère « stratégique », et « pour nous quasiment la plus importante », en parallèle des aides classiques à la production, souligne Normandie Films. Elle soutient une douzaine de structures par an pour accompagner leur plan de développement comprenant au minimum trois projets. Son montant est plafonné à 30 000 euros. « C’est une aide structurante pour les sociétés et pour les auteurs [qui en bénéficient indirectement] », constate l’organisation. « Elle a permis à certaines sociétés de prendre leur envol ».

L’accompagnement autre que financier de la filière par l’agence, précédemment évoqué, est l’une des « spécificités » de Normandie Images, fait valoir à son tour l’agence. Il peut être individuel, avec un travail important mené en amont afin, par exemple, d’aider les auteurs « à approfondir leur projet et le développer dans les meilleures conditions et trouver les bons partenaires ou producteurs au plus tôt ». Il se traduit également à travers la diffusion, comme avec Le Mois du film documentaire » dont le nombre de projections progresse. « En 2025, 27 projections ont été organisées dans la région, contre 24 en 2024, pour 17 films programmés (14 en 2024) et plus de 1 000 spectateurs réunis. Cette dynamique à la hausse ne fait que commencer », avance Normandie Images. Dans la perspective de la prochaine édition, en novembre 2026, elle « souhaite en proposer encore davantage, en se rapprochant notamment de l’agence Normandie Livre & Lecture, encore plus étroitement qu’en 2025, afin de faire le lien avec les médiathèques, les festivals et salles de cinéma normandes ».

Le soutien de Normandie Images à la filière se traduit en outre par l’embauche, tout au long de l’année, de cinéastes ou de techniciens pour des interventions en milieu scolaire, des ateliers, ou des formations, notamment, met aussi en avant l’agence dont l’une des missions centrales concerne l’éducation à l’image et à la médiation des œuvres. En 2025, 90 professionnels ont été recrutés pour un montant d’environ 266 000 euros, d’après ses données. « La Normandie et l’éducation à l’image, c’est une vieille tradition. C’est ici que sont nés, ont été testés ou déployés les dispositifs ‘Ecole et cinéma’, ‘Collège au cinéma’ et ‘Lycéens et apprentis au cinéma’, mis en place par le CNC, et nous restons très ouverts à l’évolution et à l’innovation aujourd’hui », souligne l’agence. Par ailleurs, le BTS Audiovisuel du lycée Corneille de Rouen, créé en 1993, est l’un des tout premiers créés en France dans cette section.

Des budgets en baisse

Une autre des caractéristiques de la Normandie, moins favorable au documentaire, est l’absence de contrats d’objectifs et de moyens (COM), faute de volonté générale des différentes parties concernées à date. « Cela est handicapant pour le développement du documentaire dans la région », juge l’Arno. Le territoire recense deux diffuseurs locaux, France 3 Normandie et BFM Normandie qui a succédé à La Chaîne Normande (LCN), lors de son rachat par Altice Media fin 2021. Un « mauvais coup » pour les professionnels du genre, estime Normandie Films : si LCN préachetait du documentaire, ce n’est pas le cas de l’antenne régionale de BFM.

« L’absence de COM, combinée à celle de chaînes locales qui préachètent du documentaire [en dehors de France 3 Régions] nous pénalisent vraiment. On voit bien à quel point cette mécanique est vertueuse dans les régions où elle est présente comme en Bretagne par exemple. Elle agit à la fois sur les auteurs et l’émergence, les COM favorisant souvent des premiers films, et sur les producteurs, pour qui les COM sont structurants », détaille Normandie Films. A ce stade, aucune perspective d’évolution n’est entrevue. « Par définition, le pluralisme est souhaitable », réagit Normandie Images qui rappelle toutefois les nombreux autres atouts de la « région, où les budgets [alloués au secteur] n’ont pas été baissés, contrairement à d’autres collectivités ». « Le travail commun entre la DRAC, la Région, le CNC, et l’agence se passe de manière très sereine, ce qui là encore n’est pas le cas partout », souligne-t-elle également. En 2026, le budget global sera identique à 2025, soit « 2,8 millions d’euros ».

Les auteurs et les producteurs mettent eux aussi en avant l’engagement renouvelé de la part de la Région, malgré un contexte économiquement contraint, avec le maintien en 2026 de l’enveloppe du fonds d’aide à la hauteur de 2025, quand en effet beaucoup de collectivités baissent leurs dotations voire se désengagent. Ils rappellent par ailleurs le soutien renforcé durant le Covid. Paradoxalement, la pandémie a eu un « vrai effet de levier » sur la filière qui, depuis, s’est professionnalisée, note même Normandie Films. « On est passé à trois ou quatre sociétés qui disposent d’un compte automatique au CNC contre zéro avant 2020 ». Autre signal  intéressant, « on constate un accroissement du volume d’œuvres soutenues par la région initiées sur le territoire ».

Pour autant, le budget du fonds de soutien est « l’un des points de vigilance », pointe l’Arno. La Normandie ne fait « pas partie des régions les mieux dotées », rappelle l’association. Elle dispose d’une « petite enveloppe, plutôt constante », depuis 2023, au sein de laquelle la moindre évolution va avoir un impact. « Par un effet de vases communicants, la création d’un nouveau dispositif, par exemple, va mécaniquement se faire au détriment d’un autre », expose l’Arno. « Ces deux dernières années, on a pu observer une évolution au détriment du documentaire dont le budget a baissé », relève l’association. Entre 2023 et 2025, le budget alloué au documentaire audiovisuel est passé de 602 000 euros (un montant pour le coup en hausse de 3% entre 2022 et 2023) à 501 000 euros, pour un nombre de projets reculant de 42 à 37, selon les chiffres du Panorama des aides territoriales de Ciclic (cf.Méthodologie). Sur ces deux ans, l’enveloppe pour le documentaire a ainsi perdu 101 000 euros pendant que le fonds d’aide global a gagné 112 000 euros, de 2 753 000 euros à 2 865 000 euros.

En parallèle, la période a été marquée par la création d’une aide à la production de fiction audiovisuelle (unitaires et séries), dans un contexte de grande attractivité du genre pour les collectivités. Créée en 2023, cette nouvelle aide a bénéficié d’une enveloppe supplémentaire de 500 000 euros, le fonds de soutien progressant quasiment d’autant. Il a progressé de 2 304 000 euros en 2022 à 2 753 000 euros en 2023, selon les données de Ciclic, soit précisément une hausse de 449 000 euros, la différence pouvant provenir de reports de lignes d’une année sur l’autre, d’après Normandie Images. La volonté politique est en tout cas posée. Sur son site, la Région explique que « cette aide supplémentaire vient compléter une palette large d’interventions guidée par une double ambition, culturelle mais aussi économique tant sont avérées les retombées pour les territoires et les différents métiers de la filière, des accueils de série en région. Au-delà, l’idée est de dynamiser plus encore la politique d’accueil de tournages ».

Alors que la « filière [du documentaire] a connu une vraie dynamique, jusqu’à ces deux dernières années, on est arrivé aujourd’hui à une forme de palier », constate l’association des producteurs, Et si « certains continuent d’avoir une activité dynamique, voire en croissance », c’est « plutôt en allant activer des leviers extra régionaux ». La baisse des engagements de France Télévisions dans le genre, comme dans tous les autres, du fait de la baisse de sa dotation publique, pourrait impacter France 3 Régions à hauteur de « deux films de moins par an, ce qui représente entre 10 et 15% de films avec France 3 Normandie », a calculé Normandie Films. Plus généralement, les professionnels constatent que la situation « n’est pas facile » en ce moment pour le documentaire, comparé à la fiction qui, dans leur région comme ailleurs, « a le vent en poupe, en premier s’agissant des séries ».

« Le documentaire reste une ligne budgétaire préservée en Normandie », défend Normandie Images. Les « infléchissements » observés sont conjoncturels et ils s’expliquent par des « effets de lignes de crédits et des modulations d’une année sur l’autre, plus ou moins favorables », selon l’agence. Les baisses relevées ne traduisent en rien une « décision stratégique contre le genre documentaire », insiste-t-elle L’enveloppe qui lui est allouée va d’ailleurs « remonter de 30 000 euros en 2026 » sur un budget global stable. « Le documentaire est le premier genre en région. Nos auteurs, nos producteurs, ainsi qu’un nombre conséquent de techniciens vivent du dynamisme et de la créativité liés au genre », poursuit Normandie Image en louant la diversité et l’abondance des films issus du territoire, pour certains reconnus à l’internationale grâce à des prix. C’est notamment le cas des documentaires patrimoniaux pour France 3 Normandie, Entre écume et nuages d’Olivier Marin, produit par Tonnerre de l’Ouest, avec la voix de François Morel, et Sous nos yeux de Stéphane Miquel (Keren Production), initié à l’occasion du 80e anniversaire du débarquement et de la bataille de Normandie.

Entre 2023 et 2026, la baisse pour le documentaire dans le fonds d’aide se chiffre « à 71 000 € sur trois ans », relève cependant l’Arno. « C’est très regrettable pour les auteurs-réalisateurs de la région vu que c’est le secteur où ils exercent le plus. Alors même que le fond de la fiction a fortement progressé sur la même période, ce que nous saluons. Mais cela ne doit pas se faire aux détriments des autres genres », insistent les auteurs et les autrices de documentaire.

Les projets futurs

Concernant les célébrations du Millénium, organisées par la Région Normandie pour le Millénaire de la naissance de Guillaume le Conquérant en 2027, elles donneront lieu à un ensemble d’initiatives culturelles et patrimoniales, dont des productions audiovisuelles locales sur la thématique gérées par Normandie Images. Elles ont fait l’objet d’un budget « spécifique, en plus des lignes budgétaires habituelles » de l’agence, précise celle-ci. Déployés sur plusieurs exercices (de 2024 à 2027), ces crédits accordés uniquement en production, et non à l’écriture, ont été notamment alloués à des documentaires.

La Région est, comme partout ailleurs, actuellement en cours de négociation de sa convention tripartite de coopération pour le cinéma et l’image animée dont la signature est espérée au second semestre de cette année. Jusqu’ici triennales, ces conventions devraient devenir quadriennales et, par conséquent, couvrir la période 2026-2029, afin d’enjamber les élections régionales de 2028. Normandie Images n’est pas signataire de la convention tripartite mais elle y contribue, en participant à une partie des discussions et en produisant des données quantitatives et qualitatives sur le secteur.

De son côté, Normandie Images a établi à l’été 2025 son projet triennal pour 2026-2028. Dans le document, disponible sur le site de l’agence, celle-ci trace des « pistes envisageables » pour la prochaine convention CNC-Etat-Région. Le chapitre dédié aux soutiens financiers à la création évoque plus spécifiquement une évolution des soutiens à l’écriture documentaire. « Dans la mesure où la renégociation de la convention le permettrait en termes stratégiques et de moyens, un dépôt à l’écriture pour les seuls auteurs et un rétablissement des aides au développement pour les producteurs pourraient être envisagés », peut-on y lire. Il s’agirait de s’adapter alors que « le nombre de projets déposés et la qualité des projets augmentent, la sélectivité étant ainsi accrue, notamment pour les auteurs seuls. Les projets déposés par les auteurs et ceux déposés par les producteurs ne sont pas au même stade, les derniers étant accompagnés au stade de la réécriture, voire du développement », selon l’agence.

Est aussi mentionné un « nouveau soutien au repérage documentaire ». Il est là encore motivé par « la sélectivité croissante des aides à l’écriture (y compris au niveau national) » qui fait que « le dépôt de dossier nécessite un travail préalable, et de plus en plus de temps de repérage et de recherche […] difficile à assumer pour un auteur ne disposant pas de ressources pour ce travail. Ainsi, un soutien au repérage de 2 000 à 3 000 euros, à partir d’une note d’intention, pourrait être envisagé, permettant à l’auteur de dédier du temps à sa recherche et d’aboutir à un dossier susceptible d’être déposé aux aides à l’écriture ». « Malheureusement », ces pistes restent « pour l’instant au stade de projet », explique Normandie Images. « Aucune décision concrète dans ce sens » n’a été actée, faute de budget dégagé ». L’agence, qui « perd même 50 000 euros de financement » sur son budget de fonctionnement principal, « craint que cela ne soit pas du tout réalisable pour l’année 2026, ni même pour la suivante, mais cela sera à confirmer ».

Le projet triennal de Normandie Images été rédigé « en concertation avec les professionnels », indiquent dans leur éditorial Richard Patry et Cécile Jodlowski-Perra, respectivement président et directrice de l’agence. La « concertation est régulière avec chacune des associations, et en parallèle avec l’ensemble. Les professionnels siègent à notre conseil d’administration trois fois par an et nous les avons encore plus étroitement associés en les faisant contribuer à notre bilan annuel ainsi qu’à notre projet triennal. Plus récemment nous nous sommes tous réunis sur la territorialité des aides et d’autres thématiques viendront sûrement le faire à nouveau. On travaille main dans la main », précise Normandie Images.

Aujourd’hui, « toutes les forces vives sont réunies en Normandie pour en faire une région encore plus dynamique », avance l’Arno. C’est pourquoi les professionnels ont besoin que les engagements de la collectivité, qui a jusqu’ici tout fait pour sanctuariser son fonds d’aide à la création, soient pérennes. La consolidation de la filière passera en outre par des liens renforcés « entre l’ensemble des professionnels de l’audiovisuel normands », selon une autre des conclusions de l’enquête réalisée par les auteurs et les autrices. Il y a quelques années, avait émergé l’idée d’une organisation en interprofessionnelle qui, pour l’heure, n’a pas vu le jour. « Dans les faits, les discussions entre nous existent, en premier lieu au sein de Normandie Images. Il n’y a donc pas eu pour le moment nécessité à formaliser cette organisation », explique l’Arno, même si l’idée de cette interprofessionnelle continue de faire son chemin.

Méthodologie des enquêtes de LaScam pour un état des lieux du documentaire en région

Ces focus sont circonscrits au seul documentaire audiovisuel (donc hors court et long métrage). Ils proposent une photographie quantitative et qualitative de chaque région, à travers la parole des auteurs-réalisateurs et autrices-réalisatrices qui vivent et travaillent dans ces territoires. S’y expriment également les points de vue des autres acteurs animant ces filières régionales.

Les chiffres clés relatifs à la Région Normandie sont issus du Panorama annuel des aides territoriales réalisé par Ciclic Centre-Val de Loire avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire, en partenariat avec le CNC. Le périmètre des collectivités est identique à celui du Panorama, qui prend en compte la région, les départements, les eurométropoles, les métropoles et les villes, s’il y a lieu. De la même manière, les statistiques se concentrent sur les aides délivrées par la région, le premier niveau d’intervention. Les investissements de la région agrègent ceux octroyés via le ou les contrats d’objectifs et de moyens signés entre la collectivité et le ou les diffuseurs, quand ils existent. Les statistiques autres que celles de Ciclic qui pourraient être citées sont dans tous les cas sourcées.

Remerciements : Clément Le Glatin et Pierre Dallois à l’agence Ciclic-Centre-Val-de-Loire, les auteurs et les autrices de la Boucle documentaire.

 

 

 

Une série d’enquêtes menée par la journaliste Emmanuelle Miquet pour LaScam.

Récipiendaire du prix Christophe de Ponfilly attribué par la commission des journalistes de LaScam, Fabrice Arfi est appelé à compter dans la presse de ce deuxième quart du XXIᵉ siècle. Découvrez son portrait, puis, en fin d’article, son échange « ConversationS » avec Antoine Perraud.

Un jour, Fabrice Arfi est arrivé mince et même émacié à la rédaction de Mediapart, surprenant ses collègues qui avaient gardé en tête son embonpoint. Une telle transformation physique avait sans doute réclamé quelques semaines, mais on ne retient, en l’occurrence, que le moment ou cela saute aux yeux. De même que vint sauter à l’ouïe, une fois qu’elle eut été peaufinée, sa manière de parler : calme, à la manière d’un chuchotement impératif, apte à retenir l’attention tant Fabrice Arfi sait baisser la voix pour mieux donner à entendre un exposé des faits ou un raisonnement.
Il faut une sacré maîtrise de soi pour ainsi façonner son corps et modeler sa phonation. Le quadragénaire n’en manque pas. Il sait également pratiquer le pas de côté. C’est ainsi qu’il apparaît un tantinet « désidéologisé ». Il s’en tient à une ligne de crète éthique : son refus, implacable, de la corruption, sous toutes ses formes.
Pour autant, il n’a rien d’un Fouquier-Tinville éradicateur d’abus. Il voit plus large que les obsessionnels. « La lutte contre la corruption relève d’une forme d’engagement très politique », nous affirme Alice Géraud, son épouse et alter ego – enquêtrice et scénariste, naguère cofondatrice du site Les Jours. Toutefois, elle ajoute ceci, qui différencie son mari d’une floppée d’éditorialistes ayant un avis sur tout (et n’importe quoi) : « Fabrice ne s’exprime jamais sur d’autres sujets que ceux sur lesquels l’enquête lui donne une légitimité – que ce soit le fruit de son propre travail ou des investigations validées par Mediapart. »
Le zoom sur les scandales n’empêche pas le panoramique dévolu à la morale en politique. Dans un article titré « Contre le cartel de l’impunité » (Mediapart, 25 septembre 2019), Fabrice Arfi fustigeait la pollution de l’esprit public : « Quand le réel montre les ‘‘affaires’’, la démagogie regarde le ‘‘gouvernement des juges’’. » Puis il ouvrait ainsi la focale, ne ménageant ni la gauche ni la droite :
« De Mélenchon à Dassault, la théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu est sévèrement malmenée. Comme si cette séparation était la liberté donnée à chaque pouvoir de faire ce qu’il veut à l’abri de la surveillance des deux autres. Or c’est tout l’inverse : la démocratie est bien celle du contrôle afin que, dans un équilibre certes compliqué mais essentiel, un pouvoir puisse empêcher les abus d’un autre. »
Il est courageux de pointer les fissures vertueuses et les failles démocratiques de Jean-Luc Mélenchon dans Mediapart, où les séides du chef de file insoumis commentent les articles en meute. Fabrice Arfi met un point d’honneur à refuser qu’il y ait, à Mediapart comme au Nouvel Observateur du temps de Jean Daniel, des « amis de la maison » échappant à la critique. En témoigne cet article du 11 mai 2026, cosigné avec David Perrotin, au sujet d’un personnage flamboyant ayant annoncé, dans un entretien vidéo avec Edwy Plenel, son intention de se présenter à la présidentielle de 2027 : « Argent, cadeaux et contrats : la part d’ombre de Villepin en plein jour. » Le tout surtitré : « Transparence et probité. »

Fibre dix-huitièmiste

Notre journaliste ne prise guère le mot « transparence » qui, admet-il, « donne l’impression de regarder à travers les gens, de forer dans leur intimité ». Il lui préfère le vieux terme de publicité (action de rendre public ; résultat de cette action), hélas, selon lui, « cannibalisé par la valeur marchande et commerciale », au point de ne plus signifier que la réclame.
Il y a chez cette figure de proue de Mediapart, forcément à l’aise dans notre âge numérique, une fibre dix-huitièmiste attachée à la naissance du sentiment démocratique. En témoigne, dans le parti pris déjà cité de septembre 2019, cette constatation désabusée : « La conversation publique paraît tellement dégradée, aidée en cela par des chaînes d’info en continu qui privilégient toujours le spectacle des opinions sur l’aridité clinique des faits. »
Fabrice Arfi nous précise, anticipant toute critique frénétique quant à la prétendue dictature de la transparence : « Mon métier n’est pas d’amener des gens devant un tribunal pour qu’ils soient condamnés. Notre métier consiste à mettre sur la table des informations qui alimentent le débat public. »
Cet homme de bientôt 45 ans – il est né le 4 septembre 1981 –, alors que le monde s’enténèbre, renoue donc avec les combats des Lumières : contre l’arbitraire, l’obscurantisme et l’irrationnel. Rien ne le prédestinait à ce rôle de torchère dans la nuit démocratique. « Il dit souvent n’avoir fait que deux heures de fac », glisse Alice Géraud, qui l’a connu à Lyon, juste après qu’il avait plongé, une fois le bac en poche, dans le chaudron du journalisme (Lyon Figaro, piges pour l’AFP, Libération, Le Monde, Le Parisien, Le Canard enchaîné…). Néanmoins, ajoute son épouse : « Il est en formation intellectuelle permanente. »
Contrairement à tant d’élèves de nos grandes écoles qui s’endorment sur leurs lauriers à 20 ans pour ne plus se réveilleur jusqu’au repos éternel, Fabrice Arfi vibre de la curiosité inextinguible de l’autodidacte. Un autodidacte raisonné, méthodique, nanti d’une défiance instinctive contre les écarts de la pensée.
Point de boulimie incontrôlable, mais une avidité bien tempérée : « Un équilibre qui se construit », résume Alice Géraud. De surcroît, la réflexion n’éloigne jamais Fabrice Arfi de l’actualité, pas plus que l’enquête journalistique ne le détourne de la pensée sachant faire retour sur elle-même. Balancement, pondération. Et harmonie.
« La musique, c’est sa passion, son regret », sourit Alice Géraud. Un ami de vingt-cinq ans, le photographe Sébastien Erôme, en reste encore baba : « Fabrice est capable de sang-froid comme de rigueur hors normes, tout en se faisant fort, avec sa guitare, d’emballer tout le monde dans un bal au fin fond du Gard ! »

« Ne pas être intimidé par la matière »

Michael Hadjenberg, qui codirige le service enquêtes de Mediapart avec Fabrice Arfi, n’y va pas par quatre chemins pour décrire les qualités de son collègue, ami devenu : « Pourquoi Fabrice est-il un si bon journaliste ? Qu’est-ce qu’il fait de mieux que les autres ? Cela fait dix-huit ans qu’on me pose la question et dix-huit ans que je n’ai pas de réponse. Il fait la même chose que tout le monde : il pose des questions, il essaie de comprendre, il insiste. Avec des résultats pourtant beaucoup plus spectaculaires.
Alors pourquoi ? Il sent tout de suite où est l’info, quel fil il faut tirer, ce qui est choquant dans le récit que lui livre une personne ou dans un rapport qu’il va lire. C’est quelque chose qui ne s’apprend pas vraiment. C’est assez mystérieux.
Ensuite, il y a la qualité de l’investigation. Ne pas appréhender de devoir beaucoup, beaucoup, travailler. Ne pas redouter les documents bancaires, les montages de sociétés, ne pas être intimidé par la matière.
Enfin, Fabrice a des qualités exceptionnelles de clarté, notamment à l’oral. Je n’ai jamais oublié sa première participation à une conférence de rédaction à Mediapart en 2008, la façon dont il avait vendu son sujet – cela touchait à l’extrême droite lyonnaise. J’en suis resté bouche bée. »

« La bienveillance n’est pas un slogan »

On a beau secouer nos interlocuteurs en leur faisant valoir que nous frôlons l’hagiographie un rien nord-coréenne, il est ardu de leur arracher le moindre défaut. « C’est vrai qu’il est difficile de lui en trouver », admet Sébastien Erôme, qui reconnaît tout de même : « Quand la pression est très forte, on sent parfois que sa tête s’évade. » Michaël Hajdenberg complète : « Il faut que ça aille vite. Si quelqu’un lui expose un sujet qui l’intéresse moyennement, il va décrocher. Il est happé par autre chose. »
Fabrice Arfi, pour sa part, assume une insuffisance, mais liée à Mediapart – l’articulation entre l’aventure collective du journal et son destin personnel est frappante : des tentatives de débauchage sont advenues, mais il a toujours choisi de rester fidèle au titre cofondé par Edwy Plenel. Et cette insuffisance concerne le « service enquête », qui fut trop longtemps masculin :
« Nous ne sommes pas encore au niveau. Nous sommes douze en tout et il n’y a que quatre femmes. »
Sa collègue Pascale Pascariello tempère : « Quand, en 2019 j’ai rejoint le pôle enquêtes, nous étions deux femmes, Marine Turchi et moi, entourées de six hommes, mais je préfère dire en compagnie de six hommes. Avec Michaël Hajdenberg, ils ont fait bien plus que partager un bureau, ils ont construit une équipe où la bienveillance n’est pas un slogan, où l’entraide va de soi, où le plaisir de travailler ensemble l’emporte toujours sur les égos et balaye les clichés attachés parfois aux services d’enquête. »
En attendant la parité, quelques voix, aussi anonymes que rares, s’inquiètent. Fabrice Arfi pourrait-il se retrouver victime de son succès ? Qu’il le veuille ou non et même s’il insiste sur le rôle de Karl Laske – avec lequel il a travaillé en binôme sur le pan libyen du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007 –, le voici qui apparaît comme le premier journaliste ayant conduit en prison un ancien président de la République française. Ce n’est pas rien. Le tour de force peut muer en fardeau. « Il faut peut-être que Fabrice atterrisse », murmure-t-on.
L’homme n’a pourtant rien d’un Icare de la presse : il surpasse posément. Dans sa recension d’un documentaire d’Alexis Bloom, The Bibi Files (Mediapart, 13 juin 2026), Fabrice Arfi définit ainsi le réalisateur et son travail, dans ce qui ressemble à un autoportrait : « Alexis Bloom réussit la prouesse, jamais évidente, d’être à la fois au cœur des faits et au-dessus de la mêlée. »

La Scam affirme la place singulière des auteurs et des autrices dans la société. Astérisque en est le porte-voix.

Le jury a retenu 9 projets cette année. Bravo aux lauréates et lauréats de la bourse Brouillon d’un rêve Journalisme !

Les lauréates et lauréats

  • Razzia sur la petite Florence : dans les pas des négociants en matériaux anciens du Grand Est de Benoit Collet (presse écrite)
  • Le Sale boulot – enquête sonore au cœur des luttes contre la mort au travail de Franck Depretz (radio)
  • Tombé dans le panneau. Égypte, le ciel confisqué de Martin Dumas Primbault (presse écrite)
  • Le business du miracle de Sophie Eyegue (presse écrite)
  • La fabrique des frontières – Violence et identité dans les Grands Lacs de Alexis Huguet (photojournalisme)
  • Tous parieurs ? Génération casino : comment tout est devenu un jeu d’argent de Martin Lapouille (livre-enquête)
  • Vjosa, le dernier fleuve sauvage d’Europe d’Estelle Pereira et Elodie Potente
  • Hors des sentiers battu(e)s de Caroline Peyronel (photojournalisme)
  • Enquête sur les violences judiciaires d’Ana Pich (investigation – presse écrite)

Le Jury et le lectorat

Le jury était composé des journalistes invité·es Nora Bouazzouni, Laurène Daycard, Nassira El Moaddem ainsi que des journalistes membres de la commission Journalisme de LaScam : Sophie Bechir, Manuela Bermudez, Walid Berrissoul, Jules Bonnard, Boris Cambreleng, Didier Dahan, Jennifer Deschamps, Emilie Gillet, Thierry Ledoux, Jean-Michel Mazerolle, Rachel Noël, Antoine Perraud, Sophie Piard, Anne Poiret, Nathalie Sapena, Isabelle Souquet, Violaine Vermot-Gaud et Steven Wassenaar.

La bascule vers le non-linéaire est en marche, et avec elle une inquiétude légitime : les droits d’auteur des diffusions non-linéaires restent inférieurs à ceux des diffusions linéaires. La présidente de LaScam, Anja Unger, revient sur les raisons de cet écart et sur les actions engagées par LaScam.

Chères autrices, chers auteurs,

En cette période de grands bouleversements de nos métiers, d’un côté par l’IA générative, de l’autre par les menaces politiques pesant sur l’audiovisuel public et par la tendance affichée des diffuseurs télévisuels historiques de transformer leur offre linéaire en non-linéaire, l’inquiétude grandit au sein de notre communauté des auteurs et autrices du réel. A raison malheureusement, je me dois la franchise de vous dire.
Cela fait plus de 20 ans que le mouvement de la « plateformisation » est annoncé pour le paysage audiovisuel mondial. 20 ans qu’on en parle sans qu’on eût l’impression que les choses changeaient fondamentalement. Aujourd’hui, le moment de bascule est arrivé, la transition se fait maintenant et elle se fait brusquement. Pour tous les acteurs, ce changement provoque un manque de visibilité des réalités économiques et structurelles de l’avenir.

LaScam a pleinement conscience que cette période de transition porte son lot de problématiques et interrogations. Premier constat troublant pour les auteur·ices : le gap de rémunération en droits d’auteur lors de la diffusion des œuvres, chez les diffuseurs TV, selon si l’œuvre a connu une diffusion linéaire ou une exploitation exclusive sur le non-linéaire.

Le fait est que, à ce jour, la réalité économique sous-jacente du numérique n’a pas encore évolué de façon satisfaisante, particulièrement pour nous, auteur·ices : aujourd’hui encore, il y a toujours très peu de valeur économique attachée au non-linéaire, et ceci concerne toutes les étapes du secteur, l’investissement à la production, l’achat des programmes, tout comme les droits d’auteur liés à la diffusion de nos œuvres. Les auteur·ices n’ont pas ressenti cette réalité car, jusqu’il y a peu, la quasi-totalité des œuvres produites par les acteurs télévisuels historiques pour le non-linéaire ont été également diffusées sur le linéaire. Par conséquent, elles ont été rémunérées aux tarifs en vigueur du linéaire et du non-linéaire. Cette pratique change aujourd’hui : de plus en plus de programmes sont fabriqués pour une diffusion exclusivement non-linéaire.

Pour vous donner quelques clés de compréhension de l’économie du numérique français :
ARTE flèche 12 % de ses ressources sur sa programmation non-linéaire (pour le dire autrement : 88 % de la valeur économique se concentre sur le linéaire – d’où les tarifs minutaires importants).
En 2025, les revenus publicitaires du groupe TF1 pour le linéaire représentaient environ 1,4 Mrd €, tandis que le non-linéaire affichait 200 millions € pour la même période – la différence est substantielle !
Une autre tendance complexifie ce tableau : le marché publicitaire migre vers le non-linéaire (en 2025, TF1+ a réussi une augmentation de son chiffre d’affaires publicitaire de 36 %) mais, pour les acteurs historiques, cette hausse n’arrive pas à combler la perte qui frappe le linéaire en même temps (le Groupe TF1 enregistre – 8 % en 2025). Par conséquent, le total du chiffre d’affaires démontre une baisse globale des revenus publicitaires de – 4 %.
Résultat : les diffuseurs privés historiques se trouvent financièrement affaiblis ; cette baisse du chiffre d’affaires influe directement notre rémunération en droits d’auteur car le tarif minutaire baisse en fonction.

Justement, concrètement : Comment tout cela influence les droits d’auteur distribués par LaScam ?

Le principe de la rémunération des œuvres par LaScam suit une règle de base depuis l’existence de notre maison : chaque canal de diffusion est négocié selon son chiffre d’affaires et le quota du répertoire de LaScam utilisé par ce même diffuseur. Autrement dit : il n’existe pas de « pot commun ». Ainsi, une œuvre diffusée sur Bip TV est rémunérée au tarif minutaire qui résulte d’un quota du chiffre d’affaires de Bip TV et de la présence du répertoire de LaScam sur Bip TV. Il en va de même pour une œuvre diffusée sur France 2 – qui n’a pas le même tarif que France 5 ou France 4. Et ce principe est également valable pour le non-linéaire. Un documentaire co-produit, préacheté ou acheté par Slash TV, et diffusé en ligne, sera rémunéré selon les ressources de Slash TV.

Ces chiffres se comprennent dans un contexte défavorable aux auteurs : contre les attentes de notre communauté, la multiplication des canaux de diffusion n’a pas apporté une augmentation du chiffre d’affaires global de notre secteur. Pour ainsi dire, la taille de notre gâteau est restée la même, il est seulement découpé en plus de morceaux, et les tranches se font plus petites. Cela se ressent lourdement à toutes les étapes : les producteurs doivent réunir plus de sources de financements afin de boucler un budget, les auteur·ices sont impacté.es par la perte de la valeur de leurs œuvres car elles subissent une véritable dilution au travers la multiplication des diffusions. Cette dilution est exponentielle sur le non-linéaire : un documentaire au catalogue d’une plateforme avec 400.000 vues (ce qui représente un succès !) sera totalement noyé dans l’offre de la plateforme par les centaines de millions de vue cumulés de toutes les œuvres proposées…

Que fait LaScam pour accompagner au mieux les auteur·ices pendant cette période de transition ?

D’un côté, les services suivent de près ces évolutions afin d’avoir la meilleure prévision pour la collecte et la rétribution des droits d’auteur. LaScam s’approche des diffuseurs historiques pour être informée au plus près des futures stratégies de diffusion, ainsi que de la réalité économique attachée au numérique. Tout cela est fait pour adapter les tarifs aux changements rapides que nous vivons. A terme, avec les intentions annoncées par les diffuseurs historiques, il faut s’attendre à ce que leur investissement dans le non-linéaire augmente, et par conséquent, aussi la rémunération en droits d’auteur des auteur·ices. Les réflexions au sein de LaScam continuent pour trouver les modèles de rémunérations les plus justes et les plus adaptées aux nouvelles conditions de diffusion. Forcément, ces réflexions doivent suivre les évolutions initiées par les diffuseurs. Tant qu’ils manquent de clarté et de précisions, les tarifs de LaScam reflèteront ce flou provoqué par la transition.

Que pouvez-vous faire, auteur·ices ? 

Déclarez toute forme de diffusion connue de vos œuvres, toutes les URL de vos œuvres en ligne dont vous avez connaissance, que cela soit une version raccourcie ou l’œuvre dans son entièreté. Et n’hésitez pas à nous faire remonter des cas que vous identifiez comme étant des anomalies. De toute façon, en cas de doute, contactez les services de LaScam, ils sont là pour vous informer et vous conseiller.

L’ajustement des rémunérations par LaScam selon que les œuvres sont diffusées ou non en ligne est un travail complexe et de longue haleine qui ne se fera pas en un jour. Je m’engage en tout cas aux côtés de la direction et des services de LaScam à vous tenir informés du travail mené.

Merci de votre confiance,

Confraternellement,

Anja Unger
Réalisatrice, présidente de LaScam

Crédit François le Guen

Chères autrices, Chers auteurs,

Afin de mieux rémunérer les droits de diffusion de vos œuvres, les membres du conseil d’administration ont voté en juin dernier une réforme préparée depuis plusieurs années par les services de la Scam, sur la base d’études prospectives réalisées à partir des résultats de trois années d’exercice.

Cette réforme concerne les chaînes dites « historiques » : France 2, France 3 nationale et régions, France 5, Arte, TF1, Canal+ et M6. Vous constaterez, dès la répartition du mois de décembre, les premiers effets de cette évolution, avec une application progressive des nouvelles règles.

Nous vous en avions communiqué les détails dans votre espace connecté en octobre et souhaitons ici en rappeler les mécanismes.

Une revalorisation globale

Pour une revalorisation globale des tarifs minutaires de référence, un ajustement des règles de répartition a été élaboré en fonction de tranches horaires de diffusion – précisons que c’est la première minute de sa diffusion qui inscrit une œuvre dans son créneau horaire.

De nouveaux calculs en fonction des tranches horaires

Les tarifs minutaires de référence varieront donc en fonction des tranches horaires, avec une distinction entre chaînes publiques et privées, ces dernières étant soumises à des pratiques éditoriales et des modèles de financement différents. Ceci permet d’augmenter la rémunération des œuvres diffusées dans les tranches horaires de forte visibilité. Pour les autres tranches horaires, la rémunération sera en grande partie compensée par la hausse générale des tarifs minutaires.

Par ailleurs, pour permettre l’augmentation du tarif minutaire de référence, un taux d’abattement s’appliquera à toutes les rediffusions, quelle que soit la période de rediffusion.

Les règles inchangées

  • le barème de classement des œuvres en fonction de leur nature (documentaire unitaire et reportage d’investigation, série documentaire, série, reportage, etc. ) reste inchangé.
  • une prime de 20% s’applique à la primo-diffusion sur les chaînes historiques d’une œuvre inédite.
  • un abattement de 60% s’applique pour les rediffusions sur une même chaîne.
  • la rediffusion d’une œuvre primo-diffusée sur une autre chaîne historique, se voit appliquer les tarifs minutaires de référence, sans la prime de 20%.

Une mise en œuvre progressive en 2024-2025

Les premiers ajustements seront effectifs dès la répartition de décembre 2024, pour les diffusions du premier trimestre de cette année sur les chaînes concernées.

Pour une compréhension de ces nouvelles règles, nous vous invitons à consulter les tableaux ci-dessous. 

Tarifs minutaires de référence

Taux de répartition des primo-diffusions sur les chaînes historiques

Taux de répartition des œuvres ayant été précédemment diffusées sur une autre chaîne historique

Conscients de la complexité des calculs et de l’aspect technique de cette réforme, nous nous tenons à votre entière disposition pour toute question concernant ces ajustements et leur impact sur la répartition de vos prochains droits. Les services de la Scam restent à votre écoute, très attentifs aux effets de l’application de ces nouvelles règles destinées, répétons-le, à garantir une plus juste rémunération.

Très cordialement.

Rémi Lainé, réalisateur et président de la Scam
Hervé Rony, directeur général de la Scam

Pour toutes informations complémentaires, n’hésitez pas à consulter le barème audiovisuel et les règles de répartition ou à nous contacter relations.auteurices@scam.fr

Partenaire historique de Visa pour l’image, LaScam donne rendez-vous à Perpignan autour de quatre temps forts dédiés au photojournalisme : deux rencontres professionnelles et deux prix, dont la remise, pour la première fois à Visa, du Prix Roger Pic. Une édition placée sous le signe de la défense des photojouralistes et de l’avenir du métier.

Convention du photojournalisme

Lundi 31 août de 10h à 17h
Face aux défis posés par l’intelligence artificielle, à la précarité croissante des photojournalistes et aux menaces pesant sur la liberté d’informer, la Convention du photojournalisme vise à accompagner les profondes transformations du métier en favorisant une réflexion collective et des propositions concrètes. Organisée en ouverture de la semaine professionnelle de Visa pour l’image, elle a pour ambition de réaffirmer le rôle essentiel du photojournalisme dans la démocratie en formulant des recommandations sur les conditions de travail, les droits sociaux, la déontologie et l’encadrement des usages de l’intelligence artificielle.
En partenariat avec LaScam

Prix Mentor 2026 session #5

Mercredi 2 septembre à 15h au Palais des Congrès et des Expositions
Doté de 5 000 euros par LaScam et d’une formation d’une valeur de 2 500 euros du CFPJ Paris, ce prix est dédié à la réalisation d’un projet photographique. L’occasion d’élire en présence du jury votre coup de cœur. L’appel à candidature de cette session sera ouvert du 24 juillet au 17 août. Et la Finale du Prix Mentor 2026 se tiendra le 3 décembre à LaScam

Remise du Prix Roger Pic 2026

Mercredi 2 septembre soir au Campo Santo
Pour la première fois, LaScam remettra son Prix Roger Pic à Visa pour l’image lors d’une soirée dédiée.
Décerné par LaScam depuis 1993 et doté de 5 000 euros, ce Prix récompense chaque année un ou une photographe dont le travail documentaire témoigne du réel et porte un regard singulier sur les enjeux de notre époque.
Le palmarès 2026 sera dévoilé le 29 août.

Rencontre LaScam-SAIF : Éthique de la cause et économie du droit d’auteur : le défi de la juste rémunération des photojournalistes face aux usages militants et humanitaires

Jeudi 3 septembre de 15h à 16h30 au Palais des congrès, auditorium Charles Trenet
Lorsque l’image photojournalistique quitte le cadre strict de l’information pour servir une cause, qu’elle soit portée par une organisation humanitaire, une OGC ou un collectif militant, un paradoxe surgit. Si la convergence des convictions entre le ou la photographe et le diffuseur semble faciliter l’usage, elle fragilise souvent la reconnaissance de la valeur économique du travail. Comment faire valoir son droit à la rémunération quand l’image devient un outil de plaidoyer ? Peut-on quantifier le « don » de l’auteur sans dévaluer la profession ?  Quel impact en particulier sur les autrices, dans un secteur où les femmes sont déjà confrontées à des écarts de rémunération persistants et où l’appel à la « solidarité » peut justifier une moindre valorisation monétaire ?
Cette table ronde croisera les regards juridiques et les réalités du terrain pour définir un cadre où l’engagement ne rime plus avec effacement des droits.
En présence de : Eglantine de Boissieu, directrice générale de la SAIF et Steven Wassenaar, photographe et membre de la commission des images fixes de LaScam.

LaScam procède au renouvellement d’une partie des auteurs et autrices membres des commissions qui assistent le conseil d’administration dans ses travaux. Cette année, 6 postes à pourvoir dans les commissions suivantes :

  • commission du répertoire audiovisuel : 3 postes (dont 1 au titre des œuvres de commande institutionnelles)
  • commission des écritures et formes émergentes : 3 postes (dont au moins 1 créateur de contenus internet)

Les commissions ont un rôle consultatif. Elles ont pour mission d’étudier les questions qui leur sont soumises par le conseil d’administration relativement au répertoire qu’elles représentent et de lui proposer les solutions appropriées. Elles participent également à l’action culturelle de la société (Prix, Brouillons d’un rêve…). Elles se réunissent tous les mois ou toutes les 6 semaines pour certaines d’entre elles.

Les membres des commissions sont nommés pour un mandat de 4 ans, renouvelable une fois. Peuvent faire acte de candidature les membres de LaScam justifiant d’une activité dans le répertoire concerné. Les candidatures sont ensuite examinées par le conseil d’administration qui nomme les commissaires, après avis de la commission du répertoire concerné. Leur sélection se fonde principalement sur les critères suivants : représentativité professionnelle et sens de l’engagement au service de la communauté des auteurs et autrices.

Déontologie – incompatibilités

Article 37-2 des statuts : III. – Les candidats aux commissions et leurs membres en cours de mandat ne doivent pas se trouver dans l’une des situations suivantes :
1. être sous le coup d’une peine d’inéligibilité prononcée à titre de sanction disciplinaire,
2. être privé de l’exercice de leurs droits civiques et civils,
3. exercer une fonction exécutive dans une structure bénéficiant ou demandant à bénéficier d’une aide ou d’un partenariat de la société.
Et, sauf dérogation du conseil d’administration :
4. faire partie d’un organe de gestion d’une structure bénéficiant ou demandant à bénéficier d’une aide ou d’un partenariat de la société.
5. faire partie des organes de direction ou de consultation de toute autre société, association ou structure s’occupant à titre principal ou accessoire de l’administration ou de la défense des droits d’auteur ou de la défense des intérêts des organisations visées aux 6 et 7 ci-dessous. En raison des particularités du régime applicable aux auteurs représentés au sein d’une commission, des dérogations spécifiques peuvent être prévues dans le règlement de ladite commission et s’appliquer automatiquement.
6. exercer des fonctions de direction ou de gestion, disposer d’un pouvoir de contrôle en qualité d’actionnaire dans toute entreprise intéressée à la commande et la production ou d’une manière générale l’exploitation d’œuvres relevant du répertoire de la société, ou susceptible d’être en conflit d’intérêts avec la société. Dans ce cas, une dérogation éventuelle ne sera possible que si le candidat atteste avoir respecté vis-à-vis des auteurs qu’il emploie les obligations contractuelles proposées par la société et justifie avoir déclaré au répertoire, dans les cinq ans qui précèdent, au moins une œuvre relevant du répertoire qu’il souhaite représenter.
7. exercer des fonctions de direction ou de gestion, disposer d’un pouvoir de contrôle en qualité d’actionnaire dans toute entreprise intéressée à la commande, la diffusion et la programmation ou d’une manière générale l’exploitation d’œuvres relevant du répertoire de la société, ou susceptible d’être en conflit d’intérêts avec la société. Dans ce cas, une dérogation éventuelle ne sera possible que si le diffuseur qui emploie le candidat est lié à la société par un contrat général de représentation et de reproduction pour l’utilisation de son répertoire et dans la mesure où ce contrat est respecté.
Il est entendu que les candidats et les membres des organes précités au […] III ne peuvent être salariés ni appartenir au personnel de la société.

IV. – En cours de mandat, les membres […] d’une commission ont l’obligation d’informer le conseil d’administration de tout changement de situation dans les meilleurs délais, et au plus tard dans un délai d’un mois.

Article 37-3 des statuts
 : Dès le début de leur mandat et tant que celui-ci court, les membres […] des commissions ne peuvent prétendre à aucune aide à la création, aucun prix, aucune subvention ou partenariat de la Scam, à quelque titre que ce soit. Si une demande d’aide à la création, de prix, de subvention ou de partenariat est en cours de traitement au moment de son élection, le membre devra y renoncer avant le
début de son mandat.
L’interdiction de toute aide ou distinction s’étend à leur(s) coauteur(s) éventuel(s).

Article 37-4 des statuts : Tout membre d’un organe collégial de la société, intéressé à une décision quelle qu’elle soit, directement ou indirectement, se retire pendant le temps de la délibération et du vote ; il est tenu compte de ce retrait pour le calcul de la majorité nécessaire au vote de la décision.

Les membres du comité de surveillance ne peuvent appartenir à une commission ni se voir confier de mission dans la cadre d’une commission (article 37-2 II des statuts).

Comment déposer votre candidature ?

Votre candidature doit parvenir à LaScam au plus tard le 7 septembre 2026, 19h heure de Paris :
– par courrier électronique contre accusé de réception électronique à commission@lascam.fr,
– ou par pli recommandé avec avis de réception, à l’attention du directeur général Hervé Rony.

Vous devez indiquer obligatoirement :
* votre nom, prénom et qualité
* le répertoire dans lequel vous vous présentez : audiovisuel, institutionnel, écritures et formes émergentes
* un texte motivant les raisons de votre engagement et votre curriculum vitae (l’ensemble n’excédant pas 4 pages)
* une déclaration sur l’honneur attestant que vous ne vous trouvez pas dans les cas d’incompatibilité visés aux statuts de LaScam (cf. ci-dessus) et que vous avez pris connaissance du règlement de commission et que vous vous engagez à le respecter.

Réunies mercredi 17 juin, les assemblées générales ordinaire et extraordinaire de LaScam ont adopté, à une très large majorité, l’ensemble des résolutions soumises au vote. A cette occasion,  LaScam publie ses chiffres-clés 2025, extraits du rapport d’activité et de transparence.

Nombre d’associés inscrits : 56 676
Nombre total de votants  : 4 717
Taux de participation : 8,32 %

Pour rappel, les sociétaires disposent de 3 voix et les adhérents/héritiers/légataires de 1 voix

* Sous contrôle de Me Charles Poncet, Commissaire de justice.

Assemblée générale ordinaire du 17 juin 2026 *

Résolutions soumises au vote

1/ Rapport d’activité et de transparence 2025
Nombre de « Oui » :  8961 voix soit 98,38 %
Nombre de « Non »   148 voix soit 1,62 %

2/ Comptes annuels 2025
Nombre de « Oui » : 8767 voix soit 98,31 %
Nombre de « Non » : 151 voix soit 1,69 %

3/ Affectation de l’excédent de gestion 2025
Nombre de « Oui » : 9087 voix soit 97,33 %
Nombre de « Non » : 249 voix soit 2,67%

4/ Utilisation des sommes irrépartissables durant l’exercice 2025
Nombre de « Oui » : 8264 voix soit 95,91%
Nombre de « Non » : 352 voix soit 4,09%

5/ Budget prévisionnel des indemnités, défraiements et rétributions des membres des instances décisionnaires
Nombre de « Oui » :  7978 voix soit 94,73%
Nombre de « Non » :  444 voix soit 5,27%

6/ Budget culturel 2026
Nombre de « Oui » :  8696 voix soit 96,58%
Nombre de « Non » :  308 voix soit 3,42%
Le budget culturel 2026 est approuvé à la majorité des 2/3.

7/ Modification de la politique générale de déductions sur droits relative au taux de retenue pratiquée pour les droits d’auteurs dus aux journalistes au titre des droits voisins des entreprises de presse
Nombre de « Oui » : 7583 voix soit 94,93%
Nombre de « Non » : 405 voix soit 5,07%

8/ Mise à jour de la politique générale de déductions sur droits
Nombre de « Oui » : 7891 voix soit 96,04 %
Nombre de « Non » : 325 voix soit 3,96 %

9/ Modification du barème de répartition des droits pour les œuvres audiovisuelles
ombre de « Oui » : 8425 voix soit 96,32%
Nombre de « Non » : 322 voix soit 3,68 %

 

Assemblée générale extraordinaire du 17 juin 2026 *

Vote relatif à la modification des statuts et du règlement général
ombre de « Oui » : 8322 voix soit 96,24 %
Nombre de « Non » : 325 voix soit 3,76 %

 

LaScam en chiffres 2025 : perceptions records et forte croissance du nombre d’œuvres

Ces chiffres clés, arrêtés au 31 décembre 2025, sont extraits du rapport d’activité et de transparence d’Hervé Rony, directeur général-gérant, présenté et approuvé par l’assemblée générale.

Deux révolutions sont en cours :
– la mutation accélérée de l’offre des diffuseurs historiques vers une diffusion non linéaire, qui déstabilise l’exploitation des œuvres ;
– l’IA générative, qui pose des questions existentielles à la création.
Dans ce contexte préoccupant, avec en toile de fond les attaques contre l’audiovisuel public, LaScam enregistre néanmoins de très bons résultats, avec une progression historique des droits collectés ainsi que du nombre d’œuvres déclarées.
Lire le communiqué du 17 juin 2026  : LaScam en chiffres 2025 : perceptions records et forte croissance du nombre d’œuvres

La 37e édition du marché international du documentaire ouvre ses portes à La Rochelle ! Rendez-vous incontournable pour les auteurs et les autrices de LaScam. Trois temps forts cette année, le point sur l’actualité du secteur audiovisuel, la publication du second baromètre des relations auteurices/producteurices et le palmarès des Étoiles 2026.

Lundi 22 juin de 17h30 à 19h

En présence de

Anja Unger, réalisatrice et présidente de LaScam
Hervé Rony, directeur général de LaScam
Laetitia Moreau, autrice, réalisatrice et présidente du jury des Étoiles 2026

Point de vue sur l’actualité du secteur audiovisuel français et européen

LaScam en chiffres, l’audiovisuel public, l’intelligence artificielle générative…

LaScam partagera son analyse des grandes évolutions qui traversent le secteur et de leurs implications pour les auteurs et les autrices.

Baromètre des relations auteurices/producteurices

Après une première édition remarquée en 2024, LaScam publie les résultats de son second baromètre des relations auteurs-autrices/producteurs-productrices. Une occasion d’échanger sur les dynamiques à l’œuvre entre auteurs/autrices et leurs partenaires de production, et de mesurer les évolutions constatées d’une année à l’autre.

Palmarès 2026 des 30 Étoiles de LaScam 

Temps fort de la présence de LaScam au Sunny Side of the Doc, l’annonce du palmarès des Étoiles 2026 sera l’occasion de dresser le bilan de la place de la création documentaire sur les chaînes de télévision françaises.

Chaque année, LaScam récompense trente œuvres documentaires diffusées dans l’année écoulée. Chaque Étoile est dotée de 4 000 euros.

Sunny Side of the Doc 2026

Pour sa 37e édition, Sunny Side of the Doc se réinvente avec un partenariat stratégique avec Documentary Campus et le lancement du format Meet & Match, conçu pour accélérer les coproductions et les échanges entre professionnels. Dans un secteur en constante mutation, le marché international du documentaire réaffirme sa vocation : connecter les bonnes personnes, au bon moment, pour créer les documentaires de demain.

L’intelligence artificielle bouleverse la filière de la création. Elle s’intègre progressivement dans toutes les étapes d’un documentaire, de sa conception à sa diffusion et sa promotion. Dans un contexte de questionnements croissants autour de l’usage de l’intelligence artificielle, LaScam propose une table ronde pour échanger autour de cet enjeu majeur pour le documentaire.

La table ronde

Quelles opportunités et quels défis cette technologie pose-t-elle aux différents acteurs impliqués (auteurices, producteurices et diffuseurs) ?
En quoi modifie-t-elle leurs pratiques et leurs méthodes de travail ?
Quels sont les enjeux économiques, juridiques et éthiques qui découlent de son utilisation ?

LaScam réunit des auteurices, des professionnels et professionnelles du secteur pour une table ronde autour des nouveaux défis du documentaire à l’ère de l’IA.

Une rencontre modérée par Jennifer Deschamps, journaliste, réalisatrice et membre de la commission des journalistes de LaScam, avec les interventions de :

Claire Bénard, Directrice Générale de la société de production ZED
Antonio Grigolini, Directeur des Savoirs chez France Télévisions
Edouard Porembny, scénariste, réalisateur et producteur
Thomas Risch, réalisateur de documentaires et scénariste.

Les places étant limitées, nous vous invitons à vous inscrire dès maintenant via le lien ci-dessous.

Les intervenants


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Deux jours de rencontres et de lectures pour célébrer les écritures du réel, avec la remise du Prix Joseph Kessel 2026.

Dimanche 24 mai

11h15 – Écritures du réel : Rencontre avec Lisette Lombé

Séance de rencontre et de lecture avec Lisette Lombé, autour de Eunice (Seuil), animée par Pascal Ory à la Grande Passerelle – Médiathèque René Couanau.

 

14h30 – Remise du Prix Joseph Kessel 2026

Le jury présidé par Olivier Weber, et représenté pour l’occasion par Isabelle Jarry, Annick Cojean, Pierre Haski, Michèle Kahn et Pascal Ory remettra le Prix Joseph Kessel 2026.

 

15h30 – Table ronde, Passion Beyrouth

Carrefour d’histoires et de cultures, le Liban se conjugue au pluriel.
Inspirés par Beyrouth et le Levant, plusieurs écrivains offrent des regards sensibles et contrastés sur une ville marquée par l’histoire et les bouleversements contemporains. En présence de Sorj Chalandon, Ryoko Sekiguchi, David Hury et Olivier Weber, animée par Pierre Haski.

 

Lundi 25 mai

10h – Écritures du réel : Rencontre avec Pierre Adrian

Séance de rencontre et de lecture avec Pierre Adrian, autour de Le rêve inachevé de Jack Kerouac (Actes Sud), animée par Pascal Ory à la Grande Passerelle – Médiathèque René Couanau.

 

14h – Écritures du réel : Rencontre avec Ryoko Sekiguchi

Séance de rencontre et de lecture avec Ryoko Sekiguchi, autour de Venise, millefleurs (P.O.L), animée par Isabelle Jarry à la Grande Passerelle – Médiathèque René Couanau.

LaScam sera présente au Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne pour une rencontre réunissant journalistes et professionnels de l’information autour de l’un des grands enjeux qui traversent notre société : la place du journalisme d’investigation à l’heure des menaces qui pèsent sur l’audiovisuel public.

Que serait l’investigation sans l’audiovisuel public ?

La tradition du journalisme d’investigation est défendue et incarnée par certains médias indépendants mais aussi par l’audiovisuel public, ce qui est plus surprenant.

Un débat animé par Walid Berrissoul, journaliste, auteur, réalisateur et membre de la commission des journalistes de LaScam, en présence de Valentine Oberti, Sophie Lemaître et Benoît Collombat.

À travers le cycle Profession reporter, la Bibliothèque publique d’information et le Prix Albert Londres donnent la parole aux professionnels et professionnelles de l’information sous toutes ses formes. Ce nouveau rendez-vous à LaScam posera la question : peut-on encore faire confiance à l’image ?

© Freepik

Qu’elle soit photo ou vidéo, l’image est aujourd’hui tout à la fois triomphante et vilipendée. La voilà promue lanceuse d’alerte quand le smartphone du citoyen capte une brutalité, voire une mise à mort ou toute forme de propos plus que condamnable… Et de devenir la référence, le juge et l’arbitre du crime de guerre ou contre l’humanité saisi par l’objectif de l’envoyé·e spécial·e témoin de l’exaction.

Mais la voilà aussi clouée au pilori d’une réalité trafiquée. L’histoire connaît les ruses des pouvoirs totalitaires qui font disparaître des clichés les héros soudainement bannis. Quant aux images de notre présent, on ne sait si elles représentent un fait existant ou une chimère produite par une IA toujours plus surdouée.

Une rencontre animée par Hervé Brusini, journaliste et Président du Prix Albert Londres, en présence de :

Dimitri Beck, journaliste, photographe, rédacteur en chef et directeur de la photographie de Polka
Caroline Hayek, journaliste pour le quotidien francophone libanais L’Orient–Le Jour (sous réserve)
Julien Pain, journaliste et présentateur de «Vrai ou Faux» sur France Info
Elena Volochine, lauréate du Prix Albert Londres du livre 2025

LaScam dénonce une rupture inédite de la tradition de défense du droit d’auteur par le pouvoir en place.

Aujourd’hui, jeudi 11 juin, l’Assemblée nationale devait examiner la proposition de loi (PPL) instituant une présomption d’utilisation des contenus culturels par les systèmes d’intelligence artificielle, inscrite lors de la journée parlementaire du groupe communiste et ultramarin (GDR). Cet examen n’aura pas lieu : sept députés macronistes (groupe EPR) – en tête desquels Paul Midy (43 amendements), Guillaume Kasbarian (23 amendements) et Prisca Thévenot (12 amendements) – ont déposé plus de 100 amendements sur un texte qui ne comporte qu’un article unique.

Cette avalanche d’amendements ne vise en rien à améliorer le dispositif. Elle relève d’une manœuvre d’obstruction qui prive l’Assemblée nationale d’un débat loyal, urgent et nécessaire : sept députés seulement prennent en otage la représentation nationale et contraignent le groupe GDR à renoncer à l’examen du texte.

Le parcours de ce texte était pourtant exemplaire : validé par le Conseil d’État, adopté à l’unanimité par le Sénat le 8 avril, puis largement par la commission des Affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée le 2 juin, avec le soutien de quatre-vingt-treize organisations de la culture et de l’information. Il ne crée aucun droit nouveau et ne bouleverse aucun équilibre juridique ou économique. Il permet simplement aux créateurs et aux créatrices, aujourd’hui dans l’impossibilité technique de prouver l’utilisation de leurs œuvres par les systèmes d’IA, d’exercer un droit qui existe déjà : autoriser ou refuser l’utilisation de leur travail et, le cas échéant, en négocier la rémunération.

La confiscation du débat opérée et organisée par le groupe EPR prive les 59 000 auteurs et autrices membres de LaScam de l’espoir d’être recouvrés dans leur droit fondamental à la propriété avant plusieurs années.

En dépit de l’appel de 93 organisations représentant tous les champs de la culture et de l’information en France pour l’adoption de cette PPL, la ministre de la Culture n’a pas soutenu le texte.

Cet abandon voulu par Gabriel Attal a été de facto avalisé par la ministre de la Culture. Cette triste séquence intervient après deux autres :

  • l’absence de Mme Pegard au Conseil de l’UE du 12 mai dernier qui statuait sur la nécessité d’évaluer le cadre juridique de l’Union en matière de droit d’auteur afin de prendre en compte le développement de l’intelligence artificielle.
  • l’absence de représentants de l’exécutif français pour saluer le 4 juin dernier le centenaire de la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC), créée à Paris en 1926,

L’absence des pouvoirs publics en particulier de la ministre de la Culture est incompréhensible et marque une prise de distance problématique.

Ce désintérêt manifesté par les responsables français envers le droit d’auteur, malgré le soutien constant de parlementaires du bloc central, est sans précédent. LaScam reste déterminée à poursuivre son combat pour que la France puisse rester un exemple de protection des auteurices et de la création.

 

Contact presse : presse@scam.fr – 01 56 69 64 34