À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, LaScam porte un éclairage sur la situation de ses autrices, et les inégalités qui persistent.
Les femmes représentent aujourd’hui 40 % de ses 59 000 membres. Parmi les nouvelles adhésions, elles sont désormais majoritaires (51 %). Ce contraste dit quelque chose de l’histoire du secteur, encore trop masculin, mais qui se rééquilibre progressivement avec l’arrivée des jeunes générations.
Cette progression n’est cependant pas égale partout. La parité est presque atteinte en radio et dans l’écrit (46 % et 49 % d’autrices), mais les images fixes et l’audiovisuel sont des territoires plus cloisonnés (36 % et 39%). Certains genres le sont aussi : dans les documentaires/grands reportages unitaires, 28 % des œuvres sont faites entièrement par des femmes ; dans les séries, seulement 14 %.
Depuis 2009, la perception des droits d’auteur par les femmes membres de LaScam s’est améliorée, notamment dans les tranches les plus élevées. Un progrès là encore localisé, qui ne doit pas masquer une réalité persistante. À l’échelle de l’ensemble des revenus des artistes-auteurices, les hommes continuent de gagner en moyenne beaucoup plus que femmes, comme l’a montré l’étude de 2023 par le Ministère de la culture.
C’est dans les violences sexistes et sexuelles que les inégalités montrent leur plus grande brutalité. En 2024, comme le dévoilait la première étude de LaScam sur les violences et harcèlements sexistes et sexuels auprès de ses membres, plus d’une autrice sur deux déclarait avoir déjà subi des agissements sexistes, une sur quatre du harcèlement sexuel, et 13 % des agressions sexuelles. Et près de 40 % des victimes gardent le silence, par crainte de conséquences professionnelles – signe d’un système verrouillé et toxique.
L’égalité progresse, mais trop lentement, jamais de manière linéaire, et toujours menacée de régression. Reconnaissance, sécurité et indépendance économique : pour les autrices, ces combats demeurent indissociables et quotidiens.