LaScam rend hommage à Frederick Wiseman, disparu le 16 février 2026. Lauréat du prix Charles Brabant en 2013 pour l’ensemble de sa carrière, il laisse une œuvre monumentale, plus de cinquante films qui font de lui le grand chroniqueur des institutions et de la société américaine.

Hôpital psychiatrique (Titicut Follies, 1967), lycée (High School, 1968), centre social (Welfare, 1975), hôpital (Hospital, 1970), grands magasins (The Store, 1983) opéra (La Danse, 2009), musée (National Gallery, 2014) ou mairie (City Hall, 2020), Wiseman filmait le monde dans son ordinaire et ses excès. Les sujets difficiles, mais pas seulement : « le quotidien, le travail, la violence. Mais aussi la souffrance et la joie. C’est important de montrer les gens qui font bien leur travail ».

Son cinéma est celui de l’attention et du temps. Il passait des semaines à observer, silencieux et patient, au plus près du réel. Mais jamais là par hasard « Je fais un choix conscient ; c’est une affaire de jugement et d’expérience ». Le montage, lui aussi, était long et solitaire « Le film naît dans le montage. C’est là que tout se construit », disait-il. Chaque plan, chaque silence était réfléchi, mais jamais manipulé. Pas de voix off, pas d’interviews, pas de musique : il travaillait un cinéma à l’état pur. Frederick Wiseman ne prétendait pas raconter l’Histoire, mais une histoire, la sienne.

Sa capacité de se fondre dans le décor sur le terrain — « ils m’oublient dans la seconde », assurait-il à propos des personnes qu’il filmait — contraste avec la portée immense de son œuvre. Son parcours demeure une référence pour celles et ceux qui cherchent à comprendre la complexité des mécanismes institutionnels et humains. Surtout, sa personnalité et sa méthode doivent continuer de nous inspirer : elles nous rappellent combien accorder du temps, de l’attention et un respect profond à l’autre reste une exigence fondamentale, aussi bien pour filmer que pour regarder le monde.

 

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