Le documentaire : matière à penser #9
La Démocratie : le documentaire, acte de résistance, le 29 septembre 2026Cycle de rencontres LaScam, ARTE, CNC, La Fémis
Matière à penser a fait son retour avec un nouveau cycle sur la démocratie.
Quatre sessions pour questionner le rôle du documentaire face aux enjeux démocratiques : témoigner, alerter, résister mais aussi ouvrir le débat et faire entendre d’autres voix.
En partenariat avec ARTE, le CNC, La Fémis et LaScam.
La première rencontre du nouveau cycle, consacré à la démocratie, a interrogé la place du documentaire face aux bouleversements du monde, comme une forme de résistance.
Un extrait de la conférence de Gilles Deleuze, donnée à La Fémis en 1987, a rappelé le lien entre création, information et résistance : la contre-information ne devient véritablement efficace que lorsqu’elle constitue elle-même un acte de résistance. « L’art, c’est ce qui résiste. »
À l’heure de l’intelligence artificielle et de la multiplication des images, Boris Razon – directeur éditorial d’ARTE France, a rappelé les enjeux auxquels le documentaire est confronté : comment certifier le réel ? Comment préserver l’intégrité des récits ? La question du rapport à la source et la capacité des auteurs, réalisateurs, producteurs et éditeurs à certifier l’authenticité des images deviennent centrales.
Le film Viendra la révolution de Pegah Ahangarani, lauréate de l’Œil d’or – prix du documentaire à Cannes 2026, a prolongé cette réflexion. En conversation avec Delphine Minoui, la réalisatrice iranienne en exil a expliqué comment le choix des archives peut devenir un geste politique et un acte de résistance.
À partir d’une photographie de famille et de cinq portraits de proches, elle retrace 46 ans d’histoire de l’Iran et fait de l’absence d’archives un élément central de son récit.
Son travail cherche ainsi à faire réapparaître les existences et les voix effacées de la mémoire collective, avec la volonté de « redonner un visage, un son, une voix » aux victimes de l’histoire. Une démarche intime et politique, portée par le regard de l’enfant qu’elle était, devenu le fil conducteur de son film.
Le documentaire, acte de résistance
Que signifie aujourd’hui l’acte d’écrire et de réaliser un film documentaire et quelles sont les limites d’un cinéma de résistance ? Qu’est-ce qui fait œuvre dans un régime oppressif, et quelle écriture est possible lorsque l’urgence du réel s’impose en terrain hostile aux cinéastes ? Comment raconter, s’engager sans se confondre avec le militantisme ? Quelle est la place des documentaristes confrontés à ces situations, parfois tiraillés entre la nécessité d’agir et celle de filmer, au point de questionner la légitimité de leur position derrière la caméra ?
Enfin, se pose la question du rôle de la France et de l’Europe comme terres d’accueil pour ces auteurs en résistance : qu’implique cet engagement, et que révèle-t-il de notre désir, voire de notre stratégie culturelle ?
à 14h30 – Keynote par Boris Razon, directeur éditorial d’Arte France
à 15h – Extrait de la Conférence de Gilles Deleuze à La Fémis « Qu’est-ce que l’acte de création ? » (1987)
à 15h30 – 17h00 – Etude de cas
Rehearsals for a revolution (Viendra la révolution)
de Pegah Ahangarani
L’Œil d’or, prix documentaire à Cannes 2026
Echange modéré par Delphine Minoui avec Pegah Ahangarani, traduction en direct de Massoumeh Lahidji
La rencontre sera également retransmise en direct sur la salle virtuelle d’ARTE, pour y accéder, cliquez sur le lien de connexion ici (aucune inscription nécessaire).








