Nuit de la Radio 2026
La banlieue à l’oreilleSes mots et ses langages
LaScam vous convie à la Nuit de la radio 2026, une expérience unique d’écoute collective. Depuis 2001, la Nuit de la radio propose de (re)découvrir des extraits mythiques de l’histoire de la radio, issus des collections de l’INA.
Construite cette année sur le thème La banlieue à l’oreille : ses mots et ses langages, ce programme sonore a été écrit et réalisé par Mehdi Ahoudig.
Un événement LaScam en partenariat avec l’INA.
La banlieue à l’oreille : ses mots et ses langages
Durée du programme : 1h12
Écouter la radio à travers les époques, c’est entendre une question résonner avec force : celle du langage de la banlieue et du langage sur la banlieue. Une question qui, bien plus qu’un simple débat linguistique, éclaire l’Histoire même des grands ensembles.
Cette Nuit de la Radio se propose de raconter l’évolution des quartiers populaires à travers leur parole, leurs mots, leurs cris.
Tout commence dans la banlieue proche de Paris, ces « communs de Paris » dont on parle dès le Moyen Âge. À Aubervilliers, par exemple, les excréments des Parisiens sont épandus en lisier pour fertiliser les terres qui « font pousser les choux pour les parisien·ne·s ». La banlieue est à la fois les chiottes et le grenier de Paris. Centralité et périphérie, dès lors, s’entremêlent, s’opposent et se répondent.
En 2005, un ministre de l’Intérieur promet de « nettoyer » ces quartiers au Kärcher. Un habitant de La Courneuve lui rétorque, cinglant : « On ne nettoie au Kärcher que la merde. Nous, on est des êtres humains. » Cette réplique devient un lointain écho à ce que fut la banlieue.
Nous proposons à l’écoute une sélection d’archives radio, partant de la construction des grands ensembles, dans les années 1960, aux révoltes emblématiques des années 2005-2007.
Désormais, la périphérie nourrit la centralité, par sa créativité et son énergie. Nous écouterons la radio parler des banlieusard·e·s, leur tendre le micro, capter l’émergence d’un langage propre à la banlieue. Un langage qui, peu à peu, enfante une culture à part entière et s’émancipe de la « Ville Lumière ».
Mehdi Ahoudig
Crédits du programme de la Nuit de la radio 2026
Un événement proposé par la Scam en partenariat avec l’INA.
Mehdi Ahoudig, documentariste et membre de la commission sonore de LaScam.
Avec le concours de :
Anne Brulant, documentation INA
Axel Poulet, mixage
David Cauchi, suivi juridique INA.
Coordination de production : Nicolas Bole
Design : Catherine Zask
Remerciements aux membres de la commission sonore de LaScam, présidée par Leïla Djitli et composée de Pascale Pascariello, Mariannick Bellot, Judith Bordas, Amandine Casadamont, Antoine Chao, David Christoffel, Anne De Giafferri, Marie Guérin, Thomas Guillaud-Bataille, Karine Le Bail, Antoine Richard et Sophie Simonot.
Biographie
Mehdi Ahoudig est réalisateur de documentaires audiovisuels, basé à Marseille. Depuis 2004, il développe un travail d’auteur entre radio et cinéma, pour ARTE Radio (Wilfried, Poudreuse dans la Meuse, Qui a connu Lolita ?, Ya Rayah, l’exil en dansant, Kahallal), France Culture, La Balise, l’Institut du Monde Arabe, ainsi que des créations sonores pour le spectacle vivant. Son travail a été distingué par le Prix Europa en 2010, 2011 et 2015, ainsi que par le prix Grandes Ondes en 2016.
Au cinéma, il co-réalise avec Samuel Bollendorff La parade (lauréat d’une Etoile de LaScam et mention spéciale du prix de l’Œuvre audiovisuel, 2018), puis Il était une fois dans l’Est, dont est née l’exposition déambulatoire Les frontaliers, des vies en stéréo — parcours photographique et sonore présenté dans le cadre d’Esch-sur-Alzette, capitale européenne de la culture 2022. Son film Une caravane en hiver (produit par Squawk) reçoit le prix de la diffusion au Primed en 2020.
Il réalise également Radioscopie de la France, un film photographique pour l’exposition de la BNF La France sous leurs yeux, et co-réalise avec Fabienne Laumonier Un bled à soi, première série de podcasts documentaires pour l’Institut du Monde Arabe.
En 2026, il écrit et réalise La banlieue à l’oreille. Ses mots et ses langages, une nuit de la radio produite par LaScam et l’INA.
Il travaille actuellement à Brûle mes lettres, une enquête intime et familiale, à partir de la correspondance entre ses parents au moment de leur rencontre.
La Nuit de la radio
Depuis 2001, les auteurs de la commission des œuvres sonores de la Scam proposent, avec la Nuit de la radio, une expérience unique d’écoute collective, organisée conjointement avec l’INA. Un programme, réalisé à partir d’archives sonores sur un thème renouvelé chaque année, se découvre casque sur les oreilles, sous les étoiles de l’été. Divulguée à Paris pour sa première écoute, la Nuit de la radio s’inscrit également dans la programmation des prestigieux festivals que sont les États généraux du film documentaire (Lussas), Longueur d’ondes, festival de la radio et de l’écoute (Brest). Le choix des thématiques permet de puiser librement dans l’histoire de la radio et d’inventer un récit singulier libéré des formats et des contraintes chronologiques.
Depuis sa création, la Nuit de la radio a notamment abordé les rivages de l’Ailleurs (2009), L’Esprit des lieux (2014), la censure (Les Oreilles ont des murs, 2010), l’Afrique (2003), les Plaisirs (2013), les Voix des ondes (2005), le Noir (2008), les lendemains qui chantent (Ça ira mieux demain !, 2012), les Ondes de choc (2015), L’adieu aux larmes (2016), Liberté(s) (2017), Le jour tombe, la nuit se lève (2018), Refaire le monde (2019), Avoir 20 ans (2020-2021), Le Panoptique Spatial (2022), Les morts ne l’entendent pas de cette oreille (2023), Motus et bouche cousue (2024).















